Les textes qui suivent répondent à des consignes d'ateliers d'écriture en ligne.
Le texte ci-dessous à été écrit il y a une vingtaine d'années, je l'ai un peu remanié pour
qu'il réponde à la consigne de l'atelier.
Contrainte: Votre récit doit se passer au dix-neuvième siècle, on doit y trouver les éléments
suivants: des ciseaux, une sirène, le toit d'un bâtiment public.
Un été 1806 en mer de Sulu
Le dix-huit juillet mille huit cent six, au sud de Manille sur les îles de Cagayan, alors que la
veille encore la mer était en furie, il faisait beau comme depuis presque toujours et tout était calme.
Le Soleil montait doucement dans un ciel délavé où les rares nuages semblaient avoir été découpés aux ciseaux dans du papier buvard par la petite fille de sa majesté. Tout était calme et
pourtant c’était évident, bientôt quelque chose allait bouleverser cette quiétude, il ne savait pas quoi, il guettait. Assis face à la mer, le visage parfaitement détendu, l’air presque
serein, il attendait autre chose que cet instant magique où la surface de l’eau dans le lointain se plisse. Plus que le vent du large, porteur d’idées nouvelles, de rêves d’absolu, de
visions de nouveau monde ou de nostalgiques espoirs de retour, bien plus que ce vent qu’au jour du départ tous les marins attendent. Il savait qu'il était là pour un rendez-vous particulier
mais ne savait pas avec qui, avec quoi...
Un éclat de rire alors le transperça, comme une épée. Un éclat de rire sans pareil. Un rire en trille cruel et innocent, tendre et violent à la fois. Hors de lui-même, il courut vers un
amas de rochers mouillés couverts de goémon où... ce rire de cristal n’était déjà plus. Hélas ! L'absence occupait l’espace. Cependant, la magie demeurait, car dans la nature même du
silence quelque chose avait changé. Ensemencé par cet éclat de rire suspendu le silence était devenu
plus vivant, comme léger et vibrant, mais la fée avait bel et bien
disparu. Avant même qu’il ne l’ait aperçu, l’espiègle inconnue au rire ingénu avait disparu. Comme ça d’un coup, tout aussi soudainement que son rire avait jailli, et similtanémant,
celui-ci couvrant le bruit de son plongeon car elle avait plongé c'était certain. Peut-être dans ce trou d’eau, là-bas, cet aveuglant petit miroir? et peut-être allait-elle réapparaître
bientôt ici ou là, dans un nouvel éclat de rire, jeune fille sauvage toute de lumière vêtue, ivre de vie et de beauté...
Le vent s'était levé sans qu’il ne le remarque. Des mouettes faméliques déchiraient maintenant le silence et l’azur, et le Soleil un peu contraint s'élevait au-dessus de leurs viles
querelles. La marée descendait presque imperceptiblement. Bref, le temps passait...mais la belle moqueuse ne se montrait toujours pas. Seul avec cette énigme, il restait-là, penché
au-dessus d'un petit trou d'eau. Peut-être était-il simplement hypnotisé par quelque reflet, cependant son ombre s’enfonçait de plus en plus vertigineusement dans le sable...
Quand, à force d’immobilité, il ne fut plus lui-même qu’un rocher au bord de l’eau, la réponse lui vint comme un enchantement, comme une vision projetée sur la réalité, un rêve plaqué sur
l’instant.
Il lui apparut que la surface de l’eau n’était qu’un voile séparant la réalité toute relative dans laquelle il avait toujours cru se trouver, d’une autre, dont les lois ne semblaient pas
les mêmes et que peut-être il inventait.
Là, dans cette vasque juste assez grande pour un bain de pieds, une raie géante, blanche et les ailes pailletées de poudre d’or, effleurait la surface de l'eau. Planant majestueusement, elle élargissait à chaque ellipse de son vol les dimensions
intérieures du bassin qui s’étendaient paradoxalement jusqu’ à perte de vue. Cette raie comme un oiseau de légende, déployait ses ailes sur un paysage enchanté, les algues y prenaient des
allures d’arbres familiers, peupliers argentés balancés par le vent léger sur les collines d’autrefois, saules scintillants au bord d’un chemin pierreux, souvenirs à peine effacés
dans le poudroiement de l'enfance, une calèche avait laissé sa trace dans le sable où quelques ardoises en tombant du toit de la chapelle s'étaient cassées. Comme un aigle de lumière par-dessus les montagnes et les plaines, la raie tournoyait lentement posant ses ailes sur
le vent.
S’élevant de ce monde irréel, une voix douce et chantante l’appela par son prénom. Cette voix semblait venir autant de l’intérieur de lui-même que de l’espace environnant. Et voici que dans
le même instant, sans savoir par quel prodige, il se retrouva nageant nu dans l’obscurité d’une galerie sous-marine, guidé par la lumière blanche de cette raie surnaturelle qui
brillait devant lui. C’était elle... elle, une sirène se dit-il, c'était elle qui émettait cette voix si troublante qu’il entendait chanter en lui. “ Pas tout à fait” répondit-elle. "pas
tout à fait... Comme ma voix que tu entends à l’intérieur de toi, tout en me l'attribuant, tout ce que tu vois, tout ce que tu sens, tout cela est d'abord en toi. C’est cette idée, cette perception limitée de ce que tu crois être qu’il te faut
simplement élargir. Rien n’est extérieur à toi, tout est en toi et tu es tout cela !”
IL préféra ne pas comprendre maintenant ce qu’elle voulait lui dire de crainte que cette compréhension trop hâtive ne rompe le charme de cet instant extraordinaire et que le voyage ne
s’achève ici. Mieux valait ne pas savoir que tout lui appartenait dans cette aventure et que cette sirène qui l’appelait d’une voix si douce et qu’il espérait bientôt rejoindre était une
émanation de sa propre psyché. Il avait la vague intuition de le savoir déjà, mais il voulait garder l’illusion d’être guidé par elle dans un monde parallèle vers quelque chose d’autre que
lui-même, quelque chose de plus gratifiant, de plus jouissif. Bien qu’encore jeune il avait déjà
vécu mille rêves. Des êtres surnaturels, il en avait rencontré bien d’autres, c’était un habitué des choses fantastiques. Les sirènes, il les connaissait presque toutes. Or celle-ci ne
ressemblait à rien qu’il eut déjà rencontré. Il ne pouvait pas l’avoir créée, c’était impossible ! Elle était bien femme et poisson comme toutes les sirènes, mais il n’aurait jamais imaginé
une sirène partagée ainsi. Sa voix était celle d'une femme, mais son corps était celui d'un poisson, une raie. Elle planait dans l’espace d’un vol grave et silencieux, et la
suivre, immense et lumineuse, dans les ténèbres où elle évoluait comme
un oiseau de nuit était une expérience envoûtante qui par moments frôlait l’angoisse, mais combien alors, sa voix chaude et douce se faisait rassurante. Quand il fut près d'elle, la lumière
qu’elle diffusait s’intensifia jusqu'à faire autours d’eux une sphère de plus en plus grande et de plus en plus claire au-dessus de laquelle semblait veiller l’immensité du ciel le
plus bleu. C'est alors que la sirène prit une apparence humaine. Elle était là, blanche et nue face à lui dans cette clarté, et c’était la plus belle femme et la plus mystérieuse
qu’il ne lui fut jamais donnée de voir. Sa beauté, son rayonnement magnétique et l’intensité lumineuse de son regard, dépassaient de loin tout ce qu’il avait jusqu’alors aimé chez les
déesses falotes qui peuplaient d’ordinaire ses rêves. Il était fasciné par cette apparition diaphane et s’abîmait dans la contemplation de ce corps généreux si parfait, de ce visage d’ange
à la folle chevelure que la respiration de l’océan rendait aérienne et comme animée d’une vie propre ondulante et rythmique. Il l’avait reconnue, enfin, il la rencontrait. Elle était la
femme qu’il cherchait partout depuis toujours sans vraiment trop y croire, sans même savoir qu’il la cherchait. Elle était là, dans la lumière, offerte.
- Oui, l’entendit-il chanter sans entrouvrir la bouche, je suis celle que tu cherches partout et que tu portes en toi depuis la nuit des âges, celle dont tu perçus le reflet dans chaque
femme un jour aimée. C’est mon regard dans leurs yeux qui te troubla puis t’apaisa, et révélé par elles c’est mon amour qui te remplit, ma douceur qui te combla. Oui, je suis la femme que
tu portes en toi depuis toujours. Non pas l’idée que tu as d’une femme parfaite mais la réalité énergétique de celle-là seule qui pourra jamais féconder tes rêves.
Bien sûr il n’enregistra ce message que malgré lui, trop absorbé par la magique beauté des apparences et désireux de voir se diriger le voyage onirique vers une issue connue, d’un érotisme
rassurant et de meilleur augure où il pourrait se perdre...
Le rire alors, moqueur et doux, éclata de nouveau et toute vision disparut. Il se réveilla dans le fracas des vagues, agrippé au mat d’artimon que la tempête avait brisé. La côte était bien
loin et ses mains engourdies par deux jours et deux nuits d’efforts acharnés ne tiendraient plus longtemps.
Proposition 171 d'un atelier aujourd'hui disparu: Enfant, on a tous rêvé de posséder un pouvoir magique : être invisible, se trouver à 2 endroits à la
fois, pouvoir voler ...
Le pouvoir magique du plan de prévention de la délinquance
Oui, pouvoir voler…
il se souvenait de la tablette de chocolat glissée sous sa chemise dans la petite épicerie du village quand il avait sept ans et qui avait fondu. Il n’en était resté pas même assez
dans le papier d’aluminium pour se régaler, juste de quoi se lécher les doigts. Il avait tâché ensuite d’effacer les taches, mais l’eau froide du lavoir ne vint pas à bout des traces
sur la chemisette blanche ni sur le short et son forfait fut découvert...
De ce jour sa vie bascula. Ce geste fut consigné dans le carnet de santé mentale qui le devait le suivre toute sa vie comme la preuve d’une malhonnêteté foncière et plus personne ne lui fit
jamais confiance. Les portes une à une se fermèrent devant
lui et quand à l'automne de sa vie il découvrit l’écriture, il crut ressusciter et prendre sa revanche.Il s’inscrivit alors à un atelier d’écriture en ligne sur internet.
La proposition en cours était la suivante :
Enfant, on a tous rêvé de posséder un pouvoir magique : être invisible, se trouver à 2 endroits à la fois, pouvoir voler ...
Oui, pouvoir voler… il se souvenait de la tablette de chocolat glissée sous sa chemise dans la petite épicerie du village quand il avait cinq ans et qui avait fondu. Il n’en était
resté pas même assez dans le papier d’aluminium pour se régaler, juste de quoi se lécher les doigts. Il avait tâché ensuite d’effacer les taches, mais l’eau froide du lavoir ne vint
pas à bout des traces sur la chemisette bleue ni sur le short et son forfait fut découvert.
De ce jour sa vie bascula. Ce geste fut consigné dans le carnet de santé mentale qui devait le suivre toute sa vie comme la preuve d’une malhonnêteté foncière et plus personne ne lui fit
jamais confiance. Les portes une à une se fermèrent devant lui et quand à l'automne de sa vie il découvrit l’écriture, il crut ressusciter et prendre sa revanche. Il s’inscrivit alors à un
atelier d’écriture en ligne sur internet.
La proposition en cours était la suivante :
Enfant, on a tous rêvé de posséder un pouvoir magique : être invisible, se trouver à 2 endroits à la fois, pouvoir voler ...
Oui, pouvoir voler… il se souvenait de la tablette de chocolat glissée sous sa chemise dans la petite épicerie du village quand il avait quatre ans et qui avait fondu. Il n’en était
resté pas même assez dans le papier d’aluminium pour se régaler, juste de quoi se lécher les doigts. Il avait tâché ensuite d’effacer les taches, mais l’eau froide du lavoir ne vint
pas à bout des traces sur la chemisette verte ni sur le short et son forfait fut découvert.
De ce jour sa vie bascula. Ce geste fut consigné dans le carnet de santé mentale qui devait le suivre toute sa vie comme la preuve d’une malhonnêteté foncière et plus personne ne lui fit
jamais confiance. Les portes une à une se fermèrent devant lui et quand à l'automne de sa vie il découvrit l’écriture, il crut ressusciter et prendre sa revanche. Il s’inscrivit alors à un
atelier d’écriture en ligne sur internet. La proposition en cours était la suivante :
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