Inspirée du "Parti-pris des Choses "de Francis Ponge, la consigne de cet atelier était de rassembler un objet choisi dans une
liste avec une expression, choisie dans une autre liste. J’optais pour le mot galet et l’expression “remonter plus loin que le déluge”
LE GALET
Trouver le galet idéal est une affaire de spécialiste. N’importe qui peut
s’entraîner au jeu des ricochets, mais pour que le galet lancé puisse remonter le courant, il convient de bien le choisir si l'on souhaite, l’affranchissant de l’emprise du temps, le faire
remonter plus loin que le déluge.
À cette fin donc, reconnaître le galet
idoine est impératif et cela demande un regard aiguisé (capable de parfaire encore l’aérodynamisme du sujet).
Un galet libre de tout fardeau, débarrassé du poids du mot, un galet plus léger qu’un oiseau...
Ce galet, parmi des milliers de galets roulés ensemble au bord de l’eau, sera le plus ancien, le
mieux poli, tellement usé, presque effacé, presque passé, mais si présent et si intègre dans sa vocation de galet, qu'instinctivement vous le reconnaîtrez. C’est celui-là qu’il faut lancer, ce
tout premier galet venu.
Ecrire en colère et avec ses pieds
Pour avoir écrit sur le sexe quand ce n'était pas la mode.
Lors d’une réunion de famille, à l’âge où l’on ne sait pas encore pisser debout tout seul, installé sur le pot sans en avoir
manifesté le besoin, à l’aide d’un stylo à bille à l’encre bien grasse, zébrer son prépuce de motifs ésotériques aborigènes ou maoris, pour ensuite être par sa mère exhibé debout tout nu sur la
table, face au rire imbécile de tous et de ses cousines.
Renverser d'un coup de pied la soupière ne soulage qu’un bref instant même si les lettres de vermicelle répandues partout
contiennent en substance tous les jurons de votre colère, du martinet dans son envol cinglent les derniers maux.
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